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La mosquée espagnole de Chefchaouen : Entre histoire coloniale et panorama légendaire

Dominant la médina bleue depuis sa colline, la mosquée espagnole de Chefchaouen incarne un paradoxe fascinant : édifice religieux qui n’a jamais vraiment servi au culte, elle est devenue l’un des points de vue les plus photographiés du Maroc. Également connue sous le nom de mosquée Bouzafar, ce monument atypique raconte une page méconnue de l’histoire du protectorat espagnol dans le Rif.

Une mosquée qui n’en est pas vraiment une

Construite dans les années 1920 durant le protectorat espagnol au nord du Maroc, la mosquée espagnole n’a jamais connu l’animation quotidienne des cinq prières. Son histoire est intimement liée à celle de la conquête de Chefchaouen par les forces espagnoles en 1926.

Mosquée espagnole près de Chefchaouen

Selon les archives historiques, l’édifice aurait été érigé sur ordre de l’officier espagnol Fernando Cabas, gouverneur de la ville fraîchement conquise. L’objectif était clair : consolider la présence coloniale par un réseau d’installations administratives, éducatives et religieuses censées démontrer le « développement » apporté par l’occupant.

Mais cette mosquée porte en elle une contradiction fondamentale. Son architecture trahit immédiatement ses origines européennes : le minaret rappelle davantage un clocher d’église, la disposition générale s’éloigne des canons de l’architecture religieuse marocaine. Cette singularité n’a pas échappé aux habitants de Chefchaouen, qui n’ont jamais vraiment adopté le lieu pour leurs prières.

Le plus beau panorama de Chefchaouen

Aujourd’hui, la mosquée espagnole a trouvé une nouvelle vocation, bien éloignée de sa fonction initiale. Elle est devenue le point de vue incontournable pour contempler la ville bleue dans toute sa splendeur.

Depuis la colline, le panorama est à couper le souffle : les toits azurés de la médina s’étalent à vos pieds, formant une mosaïque de bleus allant du turquoise au cobalt. En arrière-plan, les montagnes du Rif dessinent des silhouettes majestueuses qui changent de couleur selon l’heure et la saison. Au loin, on devine les vallées verdoyantes qui ont fait la richesse agricole de la région.

Vue sur la ville de Chefchaouen depuis la mosquée espagnole
Vue sur la ville de Chefchaouen depuis la mosquée espagnole

C’est particulièrement au coucher du soleil que le site révèle toute sa magie. La lumière dorée embrase les façades blanches et bleues, créant des contrastes saisissants tandis que les ombres s’allongent sur les ruelles sinueuses. Ce spectacle quotidien attire photographes amateurs et professionnels du monde entier.

Comment se rendre à la mosquée espagnole ?

L’accès à la mosquée espagnole constitue une agréable randonnée urbaine d’une vingtaine de minutes depuis la médina. Le sentier démarre depuis Bab al-Ansar, l’une des portes historiques de la ville.

Itinéraire conseillé : Partez de la place Outa el-Hammam, cœur battant de la médina. Dirigez-vous vers Bab al-Ansar en suivant les ruelles qui montent. Une fois la porte franchie, un sentier bien tracé serpente à flanc de colline. La montée est progressive et accessible à tous, même si quelques passages demandent un minimum de condition physique.

Le chemin traverse d’abord un quartier résidentiel en lisière de la médina, puis s’engage dans une zone plus sauvage où pins et végétation méditerranéenne bordent le sentier. Des panneaux indicateurs jalonnent le parcours, rendant l’orientation facile même pour les primo-visiteurs.

État actuel du monument

La mosquée elle-même est dans un état de conservation variable. Abandonnée depuis des décennies, elle porte les stigmates du temps : murs fissurés, peinture écaillée, végétation qui reprend ses droits. Cette délabrement contrôlé ajoute paradoxalement à son charme photographique, évoquant les ruines romantiques chères aux voyageurs du XIXe siècle.

Minaret de la mosquée espagnole

L’intérieur est généralement inaccessible pour des raisons de sécurité, mais l’esplanade extérieure suffit amplement pour profiter de la vue. Quelques vendeurs ambulants proposent thé et rafraîchissements, créant une ambiance conviviale en fin de journée.

Légendes et mystère

L’absence de fidèles et son architecture hybride ont nourri les légendes locales. Certains habitants parlent de la « mosquée maudite », évoquant des histoires de malédictions ou de mauvais présages liés au lieu. Ces récits, transmis de génération en génération, ont ajouté une dimension mystérieuse à l’édifice.

Cette réputation sulfureuse pourrait aussi s’expliquer par le rejet symbolique de tout ce qui rappelait l’occupation espagnole. Pour une population rifaine fièrement indépendante, cette mosquée imposée par l’occupant ne pouvait être considérée comme un véritable lieu de culte.